« Sous un uniforme qui n’était pas le leur » est un livre destiné aux collégiens et lycéens. Il plonge le lecteur dans l’histoire des Malgré-nous et Malgré-elles à travers des récits personnels. Un travail réalisé par les archives d’Alsace, pour mieux comprendre et mieux transmettre.
Sur les 130 000 Français, Alsaciens et Mosellans, enrôlés de force dans les armées allemandes durant la Seconde Guerre mondiale, 40 000 ne sont jamais revenus.
Les autres en sont restés marqués à vie, traumatisés, et parfois enfermés dans leur mutisme. La transmission de leur histoire est pourtant nécessaire, salvatrice. Leurs témoignages personnels apportent un éclairage que la description simple des faits ne suffit pas à retranscrire.
Le livre « Sous un uniforme qui n’était pas le leur », conçu par l’historien et pédagogue Daniel Fischer, secondé par une équipe d’archivistes, s’adresse aux jeunes, collégiens et lycéens. Il est enrichi de nombreux documents, et des illustrations d’Ange Mercuri.
Des trajectoires personnelles pour raconter la grande histoire
C’est par exemple l’histoire de Leon Kientz. Ce jeune homme d’Eschau avait 18 ans quand il a été convoqué au service du travail du Reich avant d’être incorporé de force dans l’armée allemande. Du fin fond de la Russie, les lettres qu’il recevait de sa mère ont été le seul lien ténu, avec la vie. 143 courriers qui ont été tous conservés.
« C’est très important de connaitre ce que chacun a fait, affirme François Petrazoller, directeur des archives d’Alsace. Pas uniquement l’histoire générale avec les faits majeurs, ce qui est très intéressant, c’est de voir ce qu’à fait untel, et tel autre. Et quand on a conscience de cette diversité de destins, on comprend l’histoire ». Une immense fresque qui se dessine par petites touches.
L’historien Daniel Fischer, lui, a voulu rendre la parole à ceux qui sont revenus, avec leurs blessures intimes. Ceux qui ont tenté d’effacer de leur mémoire ce qui était trop horrible. « Ces personnes qui ont tenté de vivre une vie normale voient ressurgir à l’âge de la retraite des souvenirs traumatisants dont ils ont besoin de s’occuper » dit-il.





