En Afrique du Sud, on célèbre en août « le mois des femmes », à l’honneur de la marche historique du 9 août 1956, rassemblant 20 000 femmes de tous milieux et de toutes couleurs de peau devant le palais présidentiel de Pretoria. Elles protestaient contre la loi d’apartheid sur les laissez-passer qui limitaient la liberté de circulation des femmes noires. Près de 70 ans plus tard, des activistes sud-africains organisent chaque année une marche mémorielle pour se recueillir sur les tombes de celles qui ont organisé cet événement emblématique, et pour méditer sur leur héritage aujourd’hui.
C’est un groupe hétéroclite qui déambule entre les tombes. Pour honorer ces femmes qui ont, il y a 69 ans, osé défier le gouvernement d’apartheid.
Une prouesse pour Elinor Sisulu, belle-sœur d’une des figures du mouvement, Albertina Sisulu : « Ce qui est extraordinaire, c’est que 20 000 femmes aient réussi à venir dans un contexte extrêmement répressif et fasciste à Pretoria, sans téléphone portable. Je n’en reviens toujours pas qu’elles y soient parvenues. »
Des femmes blanches, noires, indiennes, métisses – certaines, avec leurs enfants ou ceux de leurs employeurs sur le dos – pour protester contre les lois d’apartheid, et plus largement, pour leur émancipation. : « De nombreuses injustices de l’apartheid affectaient directement les femmes, souligne Phumla Williams, de la fondation Ahmed Kathrada. Dans toutes leurs lois, les femmes étaient considérées comme inférieures. Alors, elles ont dû montrer qu’elles n’allaient pas se laisser faire et qu’elles allaient se battre. »





