Dans un monde résolu à la mettre à l’écart, l’impératrice Mathilde mit à rude épreuves les dogmes du Moyen Âge au regard de qui avait le droit de régner.
Lorsque le naufrage de « La Blanche-Nef » décima la lignée anglaise et plongea le royaume dans le chaos en 1120, une adolescente devint l’unique héritière du trône britannique à demeurer encore en vie.
Même avec le soutien de son père, le roi d’Angleterre Henri Ier, qui fut d’abord réticent, Mathilde, âgée de vingt-cinq ans, ne parvint pas à réaliser cette première dans l’histoire : devenir la reine d’Angleterre, gouvernant de son propre chef.
Découvrez de quelle façon le parcours de Mathilde l’« Emperesse », et peut-être son « manque de cruauté », l’ont conduite à presque devenir la première reine d’Angleterre.
Qui était Mathilde l' »emperesse » ?
En 1112, alors qu’elle n’avait que huit ans, Henri Ier d’Angleterre envoya Mathilde en Allemagne pour épouser Henri V, empereur du Saint Empire romain germanique. Elle fit ses armes à la cour allemande, apprenant à survivre loin de sa puissante famille. Ces années renforcèrent ses « nerfs d’acier », explique Catherine Hanley, historienne médiévale et autrice de Matilda: Empress, Queen, Warrior.
« Elle n’était pas juste une épouse qui allait rester dans l’ombre », poursuit-elle. « Beaucoup de fillettes de huit ans, séparées de leur mère et envoyées à l’étranger, se seraient effondrées. Mais les historiens disent qu’elle avait accepté son sort et déclaré : « C’est ma destinée. C’est ce que je vais faire. » »
L’« incroyable détermination » de Mathilde impressionna son époux. Après son couronnement en tant qu’impératrice du Saint Empire romain germanique en 1114, Henri V la traita comme une compagne et une conseillère politique. Il lui faisait suffisamment confiance pour la nommer régente en 1118. Alors qu’Henri V était parti mener des guerres à l’étranger, il déclara Mathilde suffisamment compétente pour lui confier les rênes de l’Italie.





