Culotte et corset, une histoire intime et sociale des sous-vêtements féminins

Si la culotte et le soutien-gorge font aujourd’hui partie du quotidien de bon nombre de femmes occidentales, il n’en a pas toujours été ainsi. Voyage historique et intime dans le domaine des sous-vêtements féminins en compagnie de la spécialiste Lucie Violette Vallez.

Nous en portons tous les jours sans forcément connaître leurs origines. Culottes, soutiens-gorge et corsets sont le reflet des normes et des époques. Comment la lingerie féminine a-t-elle évolué au fil des siècles? Que dit-elle de notre rapport au corps? Lucie Violette Vallez est spécialiste des dessous historiques et de lʹhistoire de la mode des XIXe et XXe siècles. Elle est aussi corsetière et démonte ici quelques idées reçues.

Madame ne porte pas de culotte

Jusqu’au début du XIXe siècle, les femmes ne portaient pas de culotte pour la simple et bonne raison qu’elles ne portaient pas de pantalons. « A l’époque, les femmes portaient un ou plusieurs jupons en lin ou en coton qui descendaient jusqu’aux chevilles, explique Lucie Violette Vallez dans l’émission Tribu du 12 février. On vivait comme ça, les parties à l’air. Ca aurait été considéré comme pas hygiénique de porter quelque chose », poursuit la spécialiste des dessous historiques.

Vers le milieu du XIXe siècle, la mode évolue. La taille des robes à la mode s’élargit. Pour faire des grandes robes en cloche, une femme française brevète une invention de taille: la crinoline cage. Mais cela va poser un petit problème. « Au moindre coup de vent, on risquait de voir une cheville, affirme Lucie Violette Vallez. Donc on a inventé une nouvelle pièce de sous-vêtement pour cacher les jambes des femmes. On appelait ça des ‘tuyaux de modestie’ et ils étaient rattachés à la taille. Ce n’est qu’après, vers la fin du XIXe et le début du XXe siècle, qu’on a mis quelque chose autour des jambes. »

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