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L’ADN ancien révèle que plusieurs sociétés préhistoriques européennes étaient organisées autour des lignées maternelles. Une découverte qui contredit 150 ans d’interprétations archéologiques dominées par un présupposé patriarcal.

En 1801, des archéologues fouillent une tombe proche de Stonehenge et identifient un « homme robuste ». Deux siècles plus tard, en juillet 2026, l’analyse ADN révèle que le squelette appartenait à une femme, orfèvre et probable figure rituelle. Depuis une dizaine d’années, les données génétiques corrigent régulièrement des attributions de sexe héritées de l’archéologie du XIXᵉ siècle, où le prestige d’une sépulture suffisait à conclure que l’occupant était un homme.

Cent cinquante ans de biais sur les femmes dans la préhistoire

L’archéologie a longtemps postulé que les rôles de pouvoir revenaient aux hommes. Cette lecture s’impose dans les années 1880 avec l’essor de l’anthropologie évolutionniste. Auparavant, plusieurs historiens du XIXᵉ siècle admettaient pourtant l’idée de sociétés préhistoriques matriarcales dans certaines régions. Le retournement fut brutal. La discipline a ensuite figé ses interprétations autour d’un modèle patriarcal unique, appliqué sans nuance à toutes les époques et à toutes les régions.

Marija Gimbutas, professeure à Harvard puis UCLA, avait pourtant défendu l’existence de sociétés néolithiques centrées sur les femmes. Les archéologues britanniques de la fin du XXᵉ siècle ont rejeté ses travaux. Les figurines féminines de Çatalhöyük en Turquie devenaient de simples symboles de fécondité, réduisant les femmes à leur seul rôle maternel.

En 2017, l’analyse ADN d’une célèbre tombe de guerrier viking à Birka en Suède livre un résultat surprenant. Le squelette appartient à une femme. Une partie de la communauté scientifique conteste alors l’interprétation, avant qu’une publication détaillée des chercheuses ne referme le débat. Ces résistances répétées montrent à quel point l’idée d’un pouvoir féminin ancien restait difficile à admettre.

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