Adélaïde de Clermont-Tonnerre, romancière : « La question de la femme sainte et de la femme maudite m’obsède »

Dans « Je voulais vivre », Adélaïde de Clermont-Tonnerre donne voix à Milady de Winter, l’ennemie des mousquetaires d’Alexandre Dumas. Par ce projet, elle questionne la portée de la réécriture fictionnelle et réinvente un personnage féminin de la littérature canonique au prisme de l’injustice.

Je voulais vivre, c’est un titre de roman qui sonne comme un cri, comme un appel. Adélaïde de Clermont-Tonnerre s’empare de l’histoire de Milady de Winter, personnage tiré des Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, une histoire racontée par des hommes, les trois mousquetaires qui en réalité sont quatre, et par Alexandre Dumas. Avec ce roman, Adélaïde de Clermont-Tonnerre nous la raconte du point de vue d’une femme.

Un autre regard sur Milady de Winter

Jeune lectrice d’Alexandre Dumas et de ses romans de cape et d’épée, Adélaïde de Clermont-Tonnerre rêve alors d’être Constance Bonacieux. Ce n’est que plus tardivement que Milady lui apparaît comme victime d’une grande injustice, et comme victime d’un féminicide« Ce n’est pas parce que c’est un personnage de fiction, qu’elle ne peut pas réclamer justice », affirme l’écrivaine. Sous la plume d’Alexandre Dumas, Â«Â elle n’est qu’un objet. Elle n’est qu’outil de désir, d’intrigue, de dramatisation. » Adélaïde de Clermont-Tonnerre propose ainsi de dépasser la figure manipulatrice et séductrice dépeinte de Milady pour lui restituer sa capacité d’action et lui donner voix au chapitre.

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