«Nous sommes culturellement drogués à la représentation du martyre féminin»
Dans son nouveau livre, l’historien Ivan Jablonka décrypte l’imaginaire qui entoure les meurtres de femmes à travers les époques. Pour changer notre regard sur les féminicides.Un rôdeur dans un parking glauque ou un pervers surgi d’un buisson dans un parc. Une enquête autour d’un enlèvement, et en guise d’indices des sous-vêtements découpés. La victime? Une femme. Voire plusieurs. Rayon scénario, les films et séries déploient une grammaire bien ancrée dans nos imaginaires pour mettre en scène les meurtres sexualisés et les violences subies par les femmes, qu’il s’agisse de viol, d’inceste ou de féminicide. Et bien avant Netflix, la mythologie, la peinture et même la Bible y ont contribué. C’est cette continuité dans la représentation de l’anéantissement des femmes dans la fiction que met en lumière Ivan Jablonka dans «La culture du féminicide» (Éd. du Seuil).





