À l’école, Ariane Labrèche n’a jamais entendu parler de Madeleine Parent, de Simonne Monet-Chartrand ou de Mary Two-Axe Earley. Elle ne savait pas non plus que 1975 avait été décrétée Année internationale de la femme par l’ONU et, qu’au Québec, ce fut le germe d’une révolution qui se poursuit encore de nos jours.
Aujourd’hui âgée de 31 ans, la journaliste de Radio-Canada a remonté le fil du mouvement des femmes du Québec pour en faire un balado, Sœurs de lutte. 1975, la révolution inachevée, qui marque en même temps les 50 ans de cet anniversaire et qui fait œuvre, du même souffle, d’éducation populaire.
« Quand on m’a enseigné l’histoire du Québec, on n’a jamais pris la peine de plonger dans ce qu’a été la lutte des femmes », dit Ariane Labrèche en entrevue. Avec son micro, elle est allée à la rencontre de femmes de l’époque, en commençant par sa grand-mère Lise.
En 1975, relève-t-elle, les deux tiers des femmes du Québec ne travaillaient pas et étaient femmes au foyer. Des milliers de femmes avortaient encore illégalement, souvent au risque de leur santé et de leur vie. Le réseau de garderies était embryonnaire. Et seulement 2 % des employés de Radio-Canada étaient des femmes.
Pour en parler, Ariane Labrèche a interrogé Aline Desjardins, Monique Simard, Nicole Brossard et bien d’autres. « Je réalise la chance que j’ai eue de rencontrer ces femmes-là. Il y a quelque chose de tellement précieux dans le fait de se faire raconter l’histoire par quelqu’un qui l’a vécue. » Elle retrace aussi la création de pièces de théâtre marquantes dans la prise de parole des femmes, comme Môman travaille pas, a trop d’ouvrage, du Théâtre des Cuisines en 1976, la naissance des maisons d’édition du Remue-ménage et de la Pleine lune, ou encore la production en 1975 du film Le temps de l’avant, sur l’avortement et la contraception, d’Anne Claire Poirier.





