Chaque mois, Beaux Arts partage le regard neuf et vivant d’une personnalité sur l’histoire de l’art. À travers son podcast à succès « Vénus s’épilait-elle la chatte ? », Julie Beauzac s’attaque aux tabous de l’art avec un angle féministe et inclusif. Avec plus de 240 000 écoutes, son dernier épisode – multirécompensé au Paris Podcast Festival –, qui déconstruit le mythe Picasso, a fait l’effet d’une bombe.
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Vous avez lancé le podcast « Vénus s’épilait-elle la chatte ? » fin 2019, en annonçant vouloir « déconstruire l’histoire de l’art ». Pourquoi ? Qu’est-ce que cela signifie exactement ?
Julie Beauzac : C’est un terme aujourd’hui utilisé à toutes les sauces, mais à ce moment-là, mon but était simplement de démontrer, de façon fouillée et documentée, que l’histoire de l’art n’échappe pas à tous les mécanismes de domination sur lesquels repose la société occidentale actuelle, c’est-à-dire le patriarcat, l’omniprésence du regard masculin, la culture du viol, le regard blanc, l’objectification… Tous ces sujets qui sont dans un angle mort et qu’on ne nous enseigne pas en histoire l’art. Quand je me suis lancée en 2019, il y avait déjà toute une réflexion amorcée dans les champs de la pop culture, de la littérature, de la musique, des séries ou du cinéma. L’histoire de l’art, quant à elle, en étant quelque chose de prétendument réservé aux « élites », donnait l’impression d’être intouchable. Pourtant, évidemment, toutes ces dynamiques sont aussi à l’œuvre dans l’art…
Comment en êtes-vous arrivée à ce constat ? Quel était votre rapport avec l’histoire de l’art ?
J’ai fait des études d’histoire de l’art, à la fac puis à l’école du Louvre. J’ai travaillé ensuite quelques années dans une galerie à Paris. Sur le papier, c’était mon job de rêve. Et puis, je me suis rendue compte qu’il y avait du sexisme et du classisme en permanence. J’ai tout arrêté et suis allée m’installer à Berlin, où je me suis consacrée au féminisme. Quand je suis retournée dans les musées, 4 ou 5 ans plus tard, tout m’est apparu d’un œil neuf : les femmes nues objectifiées, les scènes de viol esthétisées… Tout cela m’a sauté aux yeux.






