Dans cet ouvrage issu de sa thèse, Isabelle Matamoros propose d’interroger le rapport à la lecture des femmes en France du début du XIXe siècle. Sa perspective est à la croisée de plusieurs influences historiographiques : l’histoire du genre mais aussi l’histoire culturelle et sociale.
Son étude se base sur un corpus de journaux personnels, correspondances et récits autobiographiques, inédits ou publiés. Tous ces textes sont écrits par des femmes qui témoignent ou mettent en scène leur vie privée et en revendiquent le caractère non fictionnel. On trouve en annexe la liste précise de ce corpus, sur lequel plusieurs remarques sont nécessaires. Ces documents émanent de 64 femmes françaises du XIXe siècle, dont certaines sont connues comme la poétesse Louise Ackermann (1813-1890) ou l’historienne et écrivaine Marie d’Agoult (1805-1876), d’autres moins. Sont également indiqués les origines sociales, l’éducation reçue, la profession ainsi que le statut conjugal. On note ainsi que l’échantillon retenu est divers dans sa composition sociale et culturelle, même si on ne peut être certain de sa représentativité. En proposant une étude sur les lectrices, l’auteur ouvre de nouvelles perspectives à la fois sur une pratique culturelle ainsi que sur le rapport au savoir. Il s’agit du premier ouvrage consacré uniquement aux femmes lectrices.
Isabelle Matamoros, Le pouvoir des lectrices. Une histoire de la lecture au XIXe siècle, Paris, CNRS, coll. « Histoire », 2025, 347 p., ISBN : 978-2-271-15169-8.





