L’élément chimique qui a changé l’histoire de la santé mentale

En juillet 1968, lorsque Walter Brown a commencé sa spécialisation en psychiatrie Ã  l’université de Yale (États-Unis), sa première mission a été d’empêcher « M. G » de rencontrer le président américain de l’époque.

M. G était un patient qui avait passé 17 ans dans des hôpitaux psychiatriques, tantôt immobilisé par une dépression suicidaire, tantôt pris d’une euphorie qui lui faisait imaginer une rencontre avec le chef de l’État.

« Plusieurs fois par semaine, M. G courait vers la porte. Trois infirmières et moi devions le traîner dans une chambre d’isolement où, pendant que je luttais avec lui, l’une d’elles lui administrait un sédatif », écrit Brown dans son livre Lithium : a Doctor, a Drug and a Breakthrough (Lithium : un médecin, un médicament et une avancée).

Le patient souffrait de psychose maniaco-dépressive ou de trouble bipolaire. Son pronostic n’était pas très encourageant, mais deux ans plus tard, Brown a revu M. G.

Il vivait désormais seul, loin des hôpitaux, et travaillait dans un supermarché. Il se souvenait encore, avec un mélange d’étonnement et de honte, de son désir de rencontrer le président américain.

Un nouveau médicament avait stabilisé ses sautes d’humeur : le lithium.

C’est là qu’est né l’intérêt du psychiatre pour ce métal alcalin et, surtout, pour l’homme qui l’a transformé en premier médicament psychiatrique : le médecin australien John Cade.

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