Les Mamlouks : « Une société plurielle où les femmes et les minorités avaient toute leur place »

Entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, les Mamlouks ont bâti un empire fastueux et cosmopolite, alliant puissance militaire, mécénat et raffinement artistique.

Carine Juvin est chargée de collection (Proche-Orient médiéval, département des Arts de l’islam) au musée du Louvre et commissaire scientifique de l’exposition Mamlouks 1250-1517.

Une dynastie contrôlant l’Égypte, la Syrie, et une partie du Proche-Orient

GEO Histoire : Bien qu’ils aient régné durant plus de deux siècles et demi (1250-1517), les Mamlouks demeurent relativement méconnus. Pourquoi ?

Carine Juvin : S’ils ont été largement effacés de l’imaginaire occidental, c’est parce que le sultanat est « coincé » entre la période des croisades (du XIe au XIIIe siècle) et l’apogée de l’Empire ottoman (milieu du XVIe siècle). Aussi, la légende a pris le pas sur la réalité historique.

L’exposition débute par la rencontre entre Bonaparte et les cavaliers mamlouks, qu’il affronta lors de la campagne d’Égypte en 1798. Fasciné par leurs prouesses, il les intégra dans un corps de la Garde impériale française entre 1801 et 1815. C’est cette image romantisée du courageux guerrier qui est restée dans les mémoires, éclipsant le rôle essentiel des élites urbaines qui ont fait de ce sultanat un âge d’or pour le Proche-Orient.

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