L’une était souveraine de l’Ancien Régime, l’autre militante anarchiste du XIXe siècle. Marie-Antoinette et Louise Michel ont peu de choses en commun si ce n’est qu’elles ont été élevées au rang de mythes. Les récupérations politiques dont elles ont pu faire l’objet ont souvent masqué l’identité, toujours complexe, du personnage historique. On en parle à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars.
Marie-Antoinette et Louise Michel sont deux figures féminines rarement associées. Et pour cause : L’une était reine de France, figure de l’Ancien Régime, et l’autre anarchiste du XIXe siècle. Pourtant, elles ont en commun un engagement politique et une expérience de la prison. Et surtout elles ont été récupérées comme des figures symboliques et élevées au rang de mythes.
Deux légendes
Malgré les quelque 400 biographies de Marie-Antoinette, il reste difficile d’approcher le vrai personnage historique, au-delà de la figure romanesque. Du côté de Louise Michel, pas moins de 190 établissement scolaires portent son nom aujourd’hui en France. La gauche en a fait une icône, l’extrême gauche une « égérie », estime Marie-Hélène Baylac auteure de la biographie « Louise Michel » (éd. Perrin, 2024).
Dans les deux cas ce qui frappe c’est « la plasticité de la mémoire du personnage », note Charles-Éloi Vial. Selon le biographe de Marie-Antoinette, faire d’un personnage historique un mythe s’accompagne souvent d’une simplification. « On en fait ce qu’on veut, on la dépolitise, on la réduit à une légende plutôt romantique, individualiste. » Au risque de mettre à l’arrière-plan des éléments qui ont leur importance. Dans le cas de Marie-Antoinette : sa carrière politique, ses idées et ses ambitions. Dans le cas de Louise Michel, la récupération politique dont elle a fait l’objet occulte la grande singularité du personnage.





