Robert Debré, l’enfant de Sedan devenu un pédiatre de génie

7 décembre 1882. C’est à Sedan que Robert Debré vient au monde en ce très frais jour de décembre. Cet élève brillant se lance d’abord dans des études de philosophie en Sorbonne mais une licence en poche, il préfère se consacrer à la médecine. Cela lui convient à merveille et le voici en 1924, interne des hôpitaux de Paris passant de l’hôpital Saint-Antoine à l’hôpital Boucicaut.

Après la parenthèse de la Grande Guerre où Robert Debré est médecin-lieutenant sur le front dans un régiment d’artillerie avant de rejoindre le centre médical de Tours où sont accueillis de grands blessés, il s’affirme comme un grand spécialiste des enfants et devient chef de service à l’hôpital Bretonneau puis à l’hôpital des Enfants malades de Paris.

Touché par les lois antisémites du gouvernement de Vichy, il est défendu par ses pairs et obtient à l’unanimité la chaire de clinique de médecine infantile. Il s’engage dans la Résistance et travaille notamment à la mise en place d’un service médical d’urgence pour les résistants. Lors de la libération de la capitale, il soigne les blessés et agit avec Frédéric Joliot-Curie et Louis Pasteur Vallery-Radot. Son expertise fait autorité et c’est le professeur d’hématologie et académicien Jean Bernard qui la résume le mieux : « Il fut pendant quarante ans dans le monde, l’un des plus grands, probablement le plus grand pédiatre de son temps. Des centaines de milliers d’enfants lui doivent la vie, soit qu’il les ait soignés lui-même, soit que ses élèves les aient soignés, soit que ses travaux aient inspiré les travaux salvateurs. Il transforma la pédiatrie sentimentale, empirique, inefficace du début du XXe siècle en une discipline active, rigoureuse, solidement fondée sur la biochimie et la génétique Â».

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