Mères nourricières ou véritables athlètes, qui étaient ces femmes des temps anciens?
C’est l’une des plus grandes découvertes archéologiques en Europe occidentale depuis plus de cinquante ans. Sur le site de Renancourt, à côté d’Amiens en Picardie, des chercheurs ont découvert entre 2014 et 2019 de minuscules parcelles de craies qui, mises bout à bout, ont permis la reconstitution de statuettes symbolisant des corps de femmes.
Si ces objets constituent de magnifiques traces de l’art gravettien caractéristique des chasseurs-cueilleurs, ce sont les formes proéminentes de ces femmes qui ont d’emblée marqué les esprits.
Que cela signifiait-il?
Souvent réduites à des rôles subalternes et clichés, les femmes du Paléolithique supérieur ont en effet – au mieux – été négligées dans les livres d’histoire. Le bassin, dont la taille permet de distinguer le squelette d’une femme de celui d’un homme, a toujours été très fragile et donc rarement retrouvé sur les sites de fouille, ce qui a longtemps donné l’impression que la gente masculine était majoritaire, comme lors de la découverte de « L’Homme de Menton », qui est en réalité « La Dame de Cavaillon ».
Aujourd’hui, de nouvelles techniques d’analyse permettent heureusement d’identifier le sexe d’un fossile avec une très grande précision. Les archéologues peuvent donc désormais axer leurs recherches sur la place de la gente féminine au sein de ces sociétés. D’une certaine façon, c’est aussi l’occasion de se rendre enfin compte du rôle pluriel de la femme il y a des milliers d’années: respectée et honorée, mère, fine artisane, chasseresse ou encore artiste. Ce documentaire scientifique particulièrement riche en informations est doté d’interventions de paléogénéticien.nes, archéologues et autres préhistorien.nes de renom, mais aussi de séquences animées inspirées de l’univers du jeu Far Cry Primal d’Ubisoft.





