Et si un simple livre ancien conservait, à même ses pages, les traces matérielles des remèdes les plus déroutants de la médecine de la Renaissance ? En analysant des résidus invisibles laissés par ses lecteurs il y a près de cinq siècles, des chercheurs ont mis au jour des indices étonnants sur la manière dont les praticiens européens expérimentaient leurs traitements. Une enquête scientifique inédite, où le papier devient témoin direct des pratiques médicales d’un autre temps.
Au XVIᵉ siècle, les manuels médicaux circulent largement en Europe et servent de guides pratiques pour soigner les maux du quotidien. C’est le cas de deux ouvrages publiés en 1531 par l’ophtalmologue allemand Bartholomäus Vogtherr : Comment soigner et expulser toutes les affections et maladies du corps humain et Petit livre de médecine utile et essentiel pour le commun des mortels. Véritables best-sellers de la médecine domestique, ces recueils compilent des recettes destinées à lutter contre la chute des cheveux ou la mauvaise haleine.
Un exemplaire conservé à la bibliothèque John Rylands de l’université de Manchester se distingue par l’abondance de notes, de gribouillis et de marques laissées par ses lecteurs aux XVIᵉ et XVIIᵉ siècles. Autant d’indices suggérant que ces praticiens testaient les recettes, les modifiaient et revenaient consulter l’ouvrage après usage.






