« Elle n’a pas été graciée par le Président »: l’histoire de la dernière femme guillotinée en France

Le 21 avril 1949 à l’aube, une femme de 32 ans, est guillotinée dans la cour de la prison d’Angers. Condamnée à mort pour homicide conjugal, Germaine Leloy est la dernière femme à être exécutée en France.

Tout l’intérêt du nouveau livre de l’historienne Catherine Valenti est de mettre en avant le parcours de cette femme en déroulant sous la forme d’un récit une affaire criminelle. En effet, son nom s’est effacé de la mémoire collective. Germaine Leloy n’appartient pas aux figures des personnages célèbres dont les procès ont défrayé la chronique à l’instar de ceux de Violette Nozière ou des sœurs Papin. Il s’agit ici d’une affaire banale de crime conjugal, n’ayant retenu en haleine ni les chroniqueurs judiciaires ni l’opinion publique, une histoire de femme du peuple condamnée à mort et qui n’obtiendra pas la grâce présidentielle.

C’est à partir du dossier de cour d’assises de Germaine Leloy née Godefroy conservé aux archives départementales de Maine-et-Loire et d’articles de presse que l’auteure construit son récit. Centrant son regard sur le personnage de Germaine, l’auteure inscrit son parcours dans l’évolution de la condition féminine et des rapports de genre dans la société de la fin des années 1940. Les nombreuses pièces du dossier permettent d’esquisser l’univers matériel et social mais aussi d’aborder les questions de la sexualité, du contrôle des naissances, plus amplement des femmes criminelles et de la justice.

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