Mary Two-Axe Earley, Madeleine Parent, Césira Parisotto : des cinq nouvelles stations de métro de la ligne bleue de la Société de transport de Montréal (STM), dont les noms ont été dévoilés mardi par l’administration de Valérie Plante, trois honorent des femmes qui ont marqué le Québec à leur façon. Quels sont leur legs et leur histoire ? Tour d’horizon.
Mary Two-Axe Earley
Née dans la communauté mohawk de Kahnawake, Mary Two-Axe Earley (1911-1996) est une militante des droits de la personne qui passe la majeure partie de sa vie à lutter pour les droits des femmes autochtones et à s’opposer aux injustices découlant de la Loi sur les Indiens.
« Elle a inspiré un mouvement visant à rétablir le statut et les droits des femmes et des enfants des Premières Nations », résume la cinéaste mohawk Courtney Montour, elle-même originaire de Kahnawake, qui lui a consacré un documentaire, Mary Two-Axe Earley: I Am Indian Again (2021), produit par l’ONF.
Adoptée en 1876, la Loi sur les Indiens instaure notamment le système des conseils de bande. Elle supprime aussi plusieurs des droits des femmes des Premières Nations, les privant entre autres de leurs droits de propriété et rendant leur statut d’Indien dépendant de celui de leur mari.
La loi prévoyait notamment qu’une femme qui épousait un allochtone — ou qui divorçait de son mari autochtone — se voyait automatiquement dépossédée de son statut d’Indien, une disposition à laquelle les hommes n’étaient pas assujettis. La transmission du statut d’Indien passait inévitablement par la lignée masculine. Source d’injustices, la loi isole et pénalise de nombreuses femmes au pays, dont Mary Two-Axe Earley, qui perd son statut après un mariage à l’extérieur de la réserve.





