L’autrice, née au Cameroun, signe « Issa », un premier roman drôle et grave qui invite les Allemands à regarder en face leur passé colonial.
Quand elle était petite, Mirrianne Mahn a été bercée par le ressac de l’Atlantique sur la plage de son village, près de Buéa, au pied du mont Cameroun, dans la partie anglophone du pays. De sorte qu’elle a longtemps cherché l’océan dans le froid et la grisaille de Woppenroth, une localité du massif montagneux du Hunsrück, en Rhénanie-Palatinat, dans l’ouest de l’Allemagne, où elle est arrivée au début des années 2000, avec sa mère, son frère et son père adoptif, un hippie allemand. Deux cents habitants qui n’avaient jamais vu de personnes non blanches.
Dans son premier roman, Issa, on voit les villageois, pendant leur promenade du dimanche, après le Kaffee und Kuchen (« café et gâteaux », l’équivalent de notre goûter), ne jamais manquer de s’arrêter devant la ferme où vit la famille d’Issa, guettant l’apparition des « Noirs ». Mais Mirrianne Mahn insiste : l’histoire de cette Allemande noire qui retourne dans la maison natale, au Cameroun, afin d’effectuer des rituels pour protéger le bébé qu’elle attend, est une fiction.






