Condamnée à mort en 1949 après avoir tué son mari violent, Germaine Godefroy reste la dernière femme guillotinée en France. À travers un documentaire inédit et une plongée dans les archives d’Angers, le réalisateur Nicolas Jallot met en lumière une justice d’après-guerre implacable et profondément patriarcale.
Cette histoire vient des profondeurs. Alors qu’il tourne un documentaire sur les ardoisiers mineurs, Le Dernier Combat des gueules bleues, Nicolas Jallot échange avec son compère, Julien Derouet, historien local et auteur de l’ouvrage 49 petites et grandes histoires du 49.
Dans ce livre, une page mentionne Germaine Godefroy, la dernière guillotinée. Nicolas Jallot, ancien grand reporter, est tout de suite frappé : »Je suis parti d’un constat : autour de moi, tout le monde était capable de citer un homme qui a été guillotiné au XXe siècle, que ce soit Ranucci, Dr Petiot, Weidmann ou d’autres. Mais personne n’était capable de me citer une seule femme au XXe siècle qui a été guillotinée alors qu’il y en a eu 8, en dehors de la guerre. »
Un meurtre à coups de hache et un dossier d’instruction uniquement d’hommes
Il creuse donc cette histoire, celle de Germaine Godefroy, née le 18 mai 1917, à Crosmières dans la Sarthe et guillotinée dans la cour de maison d’arrêt d’Angers le 21 avril 1949.
Entre ces deux dates, une existence cabossée. Issue d’une famille nombreuse, elle connaît une adolescence difficile, comme bonne, employée de ferme, avant son mariage avec Albert Leloy en 1937. Ils tiennent un commerce de bois. Elle charbonne, gère les comptes, et lui de retour de la guerre, n’est plus le même.
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