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Au Moyen Âge, qui jouait, chantait ou composait de la musique ? Des moines, des troubadours, des ménestrels. Oui, mais aussi des cantrix, des trouveresses, des ménestrelles…

Aalis d’Aras, Eudeline « joueuse de psaltérion », Perronelle « l’orgueneresse », ces noms sont ceux de musiciennes au Moyen Âge. Comme les hommes, elles chantent, jouent de la musique, sont mécènes… mais elles ont longtemps été éclipsées des manuels d’histoire. Un constat appuyé par la musicologue et historienne Anne Ibos-Augé : « quand j’étais étudiante à la fac, au conservatoire, on nous parlait beaucoup des compositeurs, des religieux, des scribes hommes, des copistes hommes, pas des femmes « . Elle s’est donc intéressée au profil de ces musiciennes dans son livre Les femmes et la musique au Moyen Âge.

Les ménestrelles, les intermittentes médiévales

Du côté de la musique profane, on trouve d’abord la ménestrelle : « l’intermittente » résume la musicologue. Elle chante, s’accompagne d’un instrument, elle peut former un duo, un groupe. Les instruments bas, qui ne jouent pas fort, sont les favoris des ménestrelles : le luth, la harpe, la citole (ancêtre de la guitare)…

« Les ménestrelles sont itinérantes, elles se déplacent d’une ville à l’autre, d’une cour à l’autre, explique Anne Ibos-Augé. Nous pouvons en suivre certaines d’une année à l’autre, elles étaient au service d’une cour et elles pouvaient être bien payées « . L’historienne donne pour exemple celui de la musicienne française Parisa, célèbre à la fin des années 1300-début 1400, et qui, à la fin de sa vie, était mieux payée que son mari, lui aussi ménestrel : « peut-être qu’elle chantait mieux, tout simplement« .

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