Hommes et femmes étaient sacrifiés dans la Chine préhistorique, mais pour des raisons très différentes

Hommes et femmes étaient tous sacrifiés dans l’ancienne cité chinoise de Shimao. Mais comme le révèlent les résultats des analyses génétiques, qui mettent en lumière des pratiques rituelles millénaires jusqu’à présent inconnues dans la région, la manière dont ils l’étaient différait radicalement.

Il y a entre environ 4 300 ans et 3 800 ans, sur le plateau de LÅ“ss (province du Shaanxi, Chine du Nord), se dressait Shimao, cité gigantesque dont les fortifications et les vestiges rituels témoignent d’une société autrefois hautement hiérarchisée. Aujourd’hui, grâce à l’analyse de 169 génomes anciens, les scientifiques de l’Institut chinois des vertébrés fossiles et de paléoanthropologie lèvent le voile sur une pratique troublante de cet Ã¢ge de la pierre dans l’empire du Milieu : des sacrifices humains, soigneusement différenciés selon le sexe. Leurs résultats sont publiés dans la revue Nature le 26 novembre 2025.

Shimao : des rituels à deux visages

Shimao, surnommée « la cité stupéfiante » par les archéologues, se situe plus précisément à la frontière du plateau de LÅ“ss et du désert de Mu Us. Avec ses vastes fortifications, ses quartiers intérieurs et extérieurs et ses petits établissements voisins, c’est le plus grand site urbain préhistorique connu en Chine, s’étendant sur 4 kilomètres carrés. Sur place, les fouilles avaient déjà révélé que les anciens habitants de Shimao pratiquaient deux types de sacrifices : les « fosses à crânes » publiques et les mises à mort dans les tombes aristocratiques.

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