Dans l’après-guerre, les paysannes françaises n’ont pas de statut malgré leur rôle central dans les exploitations agricoles. À partir des années 1970, certaines s’engagent dans la revendication de nouveaux droits. Comment les paysannes françaises sont-elles devenues agricultrices ?
Dans son Dictionnaire de la langue française, paru dans les années 1870, Émile Littré définit l’agriculteur comme celui qui cultive la terre. Il précise que des lexicographes ont attaqué ce mot, agriculteur, comme néologique et barbare. En effet, le mot n’est apparu dans notre langue qu’au 18ᵉ siècle. Auparavant, il est question de paysans. Pour Littré, « agriculteur » est la transcription du latin agricultor, qui est une formation très correcte. Quant au substantif « agricultrice », il n’est pas évoqué dans les dictionnaires jusqu’aux années 1960. Ce parcours lexical révèle une longue invisibilisation des femmes à la ferme et aux champs. Par les mots et par le statut, c’est l’histoire de l’invisibilisation d’une profession.






