13 juin 2024
histoire medecine, sante, pharmacie, femme, feminisme, culture

Comment certaines féministes sont-elles devenues fascistes ?

Si aujourd’hui le féminisme est une forme d’engagement politique marqué à gauche, cela ne fut pas toujours le cas.

L’exemple de Marie Richardson montre comment, dans les années 1930, l’extrême droite parvint à rallier à sa cause des figures majeures du mouvement féministe.

Qui était Mary Richardson (1889-1961) ?

Une suffragette d’origine canadienne. Membre de la Women’s Social and Political Union (WSPU), fondée par Emmeline Pankhurst en 1903, son engagement politique prit une tournure radicale en novembre 1910, lorsque la manifestation des militantes anglaises qui réclamaient le droit de vote fut brutalement réprimée. Deux femmes furent tuées et deux cents furent arrêtées par la police. Au cours des années suivantes, Mary Richardson fut arrêtée neuf fois pour agressions contre les forces de l’ordre, et désordre sur la voie publique. Le coup d’éclat qui la rendit célèbre eut lieu le 11 mars 1914, lorsqu’elle lacéra à coups de couteau le célèbre tableau de Vélasquez, communément appelé « La Vénus au miroir ».

Par ce coup d’éclat, elle entendait protester contre le traitement infligé à Emmeline Pankhurst qui était alors internée dans une prison anglaise. Mais ce type d’action était encouragé par l’organisation dont faisait partie Marie Richardson. La Women’s Social and Political Union était une organisation très autoritaire, qui prônait l’action violente et pratiquait le culte de la cheffe, ou plus précisément le culte des deux cheffes, Emmeline et Christabel Pankhurst, la mère et la fille, qui dirigeaient ce parti. Fondée sur la séparation des sexes, l’organisation se transforma rapidement en une secte exclusivement féminine dans laquelle il était impossible d’exprimer ses divergences.

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