Pour la première fois, une revenante française de Syrie, soupçonnée d’avoir disposé avec son ex-mari d’une esclave yézidie au printemps 2015, pourrait être jugée pour génocide. Entretien avec Clémence Bectarte, avocate et membre de la FIDH, qui enquête depuis 2016 sur les viols commis sur les femmes de cette minorité kurdophone.
Après plusieurs années d’instruction, la cour d’appel de Paris a ordonné mardi 8 juillet qu’une revenante française de Syrie, soupçonnée d’avoir disposé d’une esclave yézidie au printemps 2015, soit jugée pour génocide. Sonia Mejri, 36 ans, veuve de l’ex-émir Abelnasser Benyoucef, présumé mort depuis 2016, devait déjà être jugée pour complicité de crime contre l’humanité et autres accusations terroristes. Le juge d’instruction antiterroriste du tribunal de Paris avait aussi retenu l’accusation de génocide, mais la cour d’appel avait infirmé cette décision en janvier 2025. Après que la Cour de Cassation a estimé que l’on pouvait être poursuivi pour génocide si l’on s’en était pris à un seul membre d’un groupe faisant l’objet d’un d’« un plan concerté tendant à sa destruction totale ou partielle », la cour d’appel a finalement retenu la qualification de génocide dans l’ordonnance du 8 juillet.





