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Le squelette d’une femme morte il y a environ sept siècles, découvert dans un cimetière du Henan, présente les traces d’une amputation du nez. Cette intervention, ou plutôt châtiment, semble confirmer pour la première fois une pratique décrite dans des textes juridiques de la Chine impériale.

En 2018, les archéologues mettaient au jour 299 tombes dans la province du Henan, dans le centre de la Chine. Huit ans plus tard, l’une d’elles continue de les intriguer. Celle d’une femme morte entre les années 1298 et 1404, soit entre la fin de la dynastie Yuan et le début de la dynastie Ming, retrouvée enterrée face contre terre. La défunte, âgée de 40 à 45 ans au moment de son décès selon sa dentition, a la particularité d’avoir eu le nez tranché net de son vivant, sans doute à la suite d’une condamnation. Elle aurait même, selon les chercheurs qui ont analysé ses ossements, survécu plusieurs années après cette mutilation.

Dans la Chine impériale, les textes de loi faisaient état des « Cinq Punitions » : La décapitation, l’amputation d’un membre, la castration, le tatouage du visage et… l’amputation du nez. À la fin de la dynastie Yuan (1279-1368), la justice prescrivait ce châtiment principalement pour le vol de bétail de grande valeur ou pour les vols répétés d’animaux, même de moindre valeur. Si de nombreux récits de condamnations l’attestant ont été retrouvés au fil du temps, aucune preuve archéologique de sa mise en œuvre n’avait encore été retrouvée.

Elle a bénéficié de soins pour la garder en vie

Après la fouille de ce site dans la province du Henan, les squelettes ont été entreposés à l’université de Zhengzhou. C’est là qu’un des archéologues de l’établissement, Yawei Zhou, a plus tard remarqué sur un crâne une ouverture nasale « anormalement large », avec des os coupés et des bords cicatrisés, suggérant que le nez de cette femme lui avait été ôté de son vivant. Des examens approfondis, commencés en 2024, ont ensuite confirmé qu’une grande partie des os et des tissus à cet endroit avaient été retirés, « probablement de bas en haut », explique l’équipe chinoise au site New Scientist, jeudi 17 septembre.

Des traces de cicatrisation indiquent qu’elle a vécu plusieurs années après l’opération, « probablement avec des difficultés respiratoires et une mobilité réduite de la lèvre supérieure ». Sa survie laisse aussi penser qu’elle a bénéficié de soins médicaux pour arrêter les saignements et prévenir les infections. « Si l’hémorragie a été initialement maîtrisée, la plaie a cicatrisé lentement d’elle-même en quelques mois », commente David Shaye de l’université de Harvard, qui n’a pas participé à l’étude.

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