Le Jardin des Plantes de Montpellier

histoire medecine, sante, pharmacie

Plus ancien jardin botanique de France devant celui de Strasbourg fondé en 1619, celui de Paris créé en 1635 et celui de Caen en 1736.

L’enseignement de la botanique à Montpellier est aussi ancien que son école de médecine qui date du XIIe siècle. Au primitif hortulus succéda à la fin du XVIe siècle le Jardin royal qui est, en France, le plus ancien établissement du genre, ayant servi de modèle à celui de Paris. Les premiers travaux présentent une nette antériorité par rapport au Jardin parisien.

Il a été créé sur édit royal en 1593, tandis qu’une Chaire de botanique et d’anatomie était attribuée à son auteur, Pierre Richer de Belleval. De ses origines demeurent peu de témoins : un Chêne vert, un arbre de Judée, un monticulus dont les degrés ont été restaurés, et des fragments de sculpture de bâtiments disparus. Quelques pierres sont encastrées dans le mur d’une vieille noria : l’une d’elles porte la moitié d’une inscription latine indiquant le quartier des plantes médicinales ; les autres sont gravées de numéros qui permettaient l’identification des végétaux.

C’est dans une École systématique au rayonnement universel que fut élaborée une première classification avec Pierre Magnolet divulguée la méthode linnéenne par François Boissier de Sauvages et Antoine Gouan. D’ailleurs, dans l’Ancien régime, le Jardin a connu une pléiade d’éminents botanistes comme Guillaume Nissolle, Pierre et Martin-Nicolas Cusson, Joseph Barthez et Claude Chaptal, sans compter ceux de passage, Joseph Pitton de Tournefort, Jean-Jacques Rousseau, Antoine de Jussieu ou Philippe Commerson.

À la Révolution, ce jardin manque de disparaître. Il devait vivre une deuxième jeunesse dès la première décennie du XIXe, du temps d’Auguste Broussonet, d’Auguste-Pyramus de Candolle et d’Alire Raffeneau-Delile qui entretenaient d’étroites relations avec le Muséum. Son renouveau est marqué par une belle Orangerie datée de 1804. Sa superficie augmenta alors considérablement, entre 1808 et 1851, grâce à la Municipalité qui acquit divers terrains et en fit don à la Faculté de Médecine (elle est actuellement de 44 700 m2).

Aujourd’hui, comme lors de sa fondation par Belleval, le Jardin des Plantes demeure un de plus beaux éléments du patrimoine. Sa valeur pédagogique étant reconnue, il est toujours fréquenté par nombre de botanistes, médecins et pharmaciens, écoliers et étudiants, mais aussi, depuis son ouverture au public en 1841, par des amateurs de la flore et des touristes. Les poètes séduits par son charme indéniable et les amoureux viennent y méditer auprès d’un « tombeau » mystérieux.

Le Jardin des Plantes correspond pour des échanges de graines avec 460 autres institutions similaires de par le monde. Depuis 1889, il avoisine un Institut de botanique, où se poursuivent des recherches principalement dans le domaine de l’écologie. L’Herbier, commencé par les médecins Chirac et Chicoyneau au début du XVIIIe siècle, est riche de nos jours de plus de trois millions d’échantillons et de collections iconographiques sans prix.

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