Le mythe du matriarcat au petit écran

La postdoctorante Jessie Morin analyse l’évolution de la figure féminine contrôlante dans l’histoire de la télé québécoise.

Depuis que le petit écran existe au Québec, les fictions télévisuelles – téléromans, séries –contribuent à consolider, à transformer ou à remettre en question certains mythes présents dans l’imaginaire social. Jessie Morin, chercheuse postdoctorale à l’École des médias, a choisi de s’attaquer au matriarcat, un mythe persistant dans le discours populaire. Son projet de recherche consiste à analyser le discours des productions télévisuelles depuis le début des années 1950 jusqu’à nos jours.

Cette recherche s’inscrit dans le prolongement de sa thèse de doctorat soutenue il y a un an à l’Université du Québec à Trois-Rivières, qui portait sur la représentation du corps dans les fictions télé historiques au Québec, de 1990 à aujourd’hui«Je me suis intéressée, notamment, au discours selon lequel ces fictions historiques représentaient l’homme comme une victime de personnages féminins particulièrement forts, explique Jessie Morin. De plus, je constatais le retour, depuis quelques années, du concept de matriarcat dans un certain discours populiste, mais aussi dans l’espace médiatique, comme si les femmes prenaient trop de place et avaient trop de pouvoir au Québec. Pour toutes ces raisons, j’ai voulu approfondir le sujet dans le cadre d’une recherche postdoctorale.»

Avant son doctorat, la jeune chercheuse a fait des études de baccalauréat et de maîtrise en histoire à l’Université du Québec à Rimouski, et un baccalauréat en enseignement à l’Université d’Ottawa. «Mes intérêts de recherche couvrent l’histoire du Québec, l’univers médiatique, en particulier télévisuel, et l’histoire des femmes d’un point de vue féministe.»

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