Archéologie du genre : réécrire l’histoire au féminin
Longtemps, tous les archéologues étaient des hommes, et ils imaginaient les sociétés du passé à l’aune de celles dans lesquelles ils vivaient : patriarcales, avec des femmes au foyer en charge de l’éducation des enfants et des hommes à la chasse ou à la guerre. Mais ces trente dernières années, la profession s’est beaucoup féminisée et la science a progressé à pas de géant.
Analyses ADN, imagerie satellite, diagnose sexuelle ou étude des isotopes : ces éléments combinés ont permis de revoir certaines certitudes sur le passé de l’humanité et de corriger des erreurs. Après mesure de l’os du bassin, l’homme de Menton, vieux de 24 000 ans, a retrouvé son genre initial, féminin, et s’est vu rebaptiser Dame du Cavillon.
Sandra Sicard, archéologue à l’Inrap, spécialiste de la préhistoire et de la protohistoire, révèle que contrairement à ce que l’on a longtemps cru, on sait aujourd’hui que les sociétés du passé ont longtemps été matrilinéaires – la transmission qui se fait par la femme – avant que le patriarcat ne s’impose peu à peu au moment où l’humanité a commencé à maîtriser l’agriculture et est passée d’une société nomade à la sédentarité.
Avec des repas plus fréquents, les femmes ont eu davantage d’enfants et ont probablement délaissé en partie la chasse pour rester davantage au village et se consacrer à l’artisanat nécessaire à la survie au quotidien.
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