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Le recours aux plantes médicinales en Occident fut longtemps détenu par les femmes, sous forme de transmission familiale puis grâce à un certificat, supprimé sous le régime de Vichy.

À Figeac, dans le Lot, Émilie Boulay est entourée d’une centaine de plantes sèches en vrac. Elle a passé seize ans derrière un comptoir de pharmacie avant de se former trois ans dans une école d’herboristerie près de Montpellier, puis d’ouvrir sa boutique en 2022. « La pharmacie d’aujourd’hui n’est plus celle que j’ai connue il y a vingt ans, la pression des laboratoires a tout déshumanisé. Il y avait une demande croissante de retour aux soins par les plantes. »

Le métier qu’elle exerce n’a plus d’existence légale. Le diplôme qui y donnait accès a été supprimé le 11 septembre 1941, et rien ne l’a remplacé. « Je ne suis pas autorisée à donner des conseils de santé, encore moins à poser un diagnostic. Certaines plantes sont interdites à la vente, seule une pharmacie peut vendre cette catégorie de plantes sous monopole. »

Avant cette date, la France a délivré ce certificat pendant cent trente-huit ans. À la fin, il était passé presque exclusivement par des femmes.

Jusqu’au 19e siècle, les plantes formaient l’essentiel de ce que les médecins appelaient la matière médicale. Une partie de ce savoir était enseignée dans les facultés, en latin. Un savoir populaire circulait parallèlement dans les maisons, les villages et les boutiques, par la transmission orale et l’usage. Cela était surtout vrai pour l’Europe occidentale et tout particulièrement en France.

Ailleurs, le savoir sur les plantes a suivi d’autres trajectoires. En Chine et en Inde, par exemple, il a été mis par écrit, compilé et enseigné dans des institutions très tôt, ce qui lui a donné une continuité que l’Occident n’a pas connue.

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