Cet homme a identifié l’ADN en 1869, son étudiant lui a volé sa découverte et l’histoire l’a oublié…

En 1869, un chercheur suisse isolait une substance mystérieuse dans des cellules humaines. Cette trouvaille allait poser les bases de l’une des découvertes les plus fondamentales de la biologie moderne. Pourtant, son nom reste méconnu du grand public. Qui était vraiment Friedrich Miescher ?

Lorsque Watson et Crick révélèrent la structure en double hélice de l’ADN en 1953, le monde entier retint leurs noms. Mais cette avancée capitale reposait sur des travaux bien antérieurs, ceux d’un biochimiste suisse du XIXe siècle qui identifia le premier l’acide nucléique, composant essentiel de l’ADN.

Friedrich Miescher reste pourtant l’un des grands oubliés de l’histoire des sciences. Cet article retrace son parcours, sa découverte révolutionnaire et les raisons de son effacement progressif de la mémoire scientifique collective.

Une découverte née dans des pansements usagés

Friedrich Miescher naît en 1844 à Bâle, dans une famille de médecins. Passionné par la science, il étudie la médecine, mais une perte d’audition due à la typhoïde contractée enfant l’oriente vers la recherche. En 1868, il rejoint Tübingen pour travailler dans le laboratoire de Felix Hoppe-Seyler, fondateur de la biochimiemoderne.

Son objectif est ambitieux : comprendre la vie au niveau moléculaire. Pour cela, il choisit d’étudier les globules blancs, des cellules faciles à isoler car elles ne sont pas intégrées à un tissu. Sa source ? Du pus récupéré sur des pansements hospitaliers usagés. À cette époque, les antiseptiques sont peu répandus et les plaies s’infectent fréquemment.

// En savoir plus