L’histoire oubliée des femmes de Harkis, tisseuses des tapis de l’État français

Elles sont femmes de Harkis et pendant des décennies ont tissé des tapis d’exception pour le mobilier national. Licières à la manufacture de Lodève, elles sont passé avec dextérité du motif berbère au style Louis XIV ou Empire. Mais qui sont ces femmes restées dans l‘ombre et quelle est leur histoire ? Théa Ollivier a mené l’enquête.

En 1964, deux ans après la fin de la guerre d’Algérie et les Accords d’Évian, une soixantaine de familles harkis arrivent à Lodève, dans l’Hérault, au pied du Larzac, après un passage par les camps de Rivesaltes ou de St Maurice l’Ardoise. Les femmes sont recrutées pour tisser des tapis dans un atelier installé dans un ancien baraquement militaire. En 1966, cet atelier devient une annexe de la Manufacture nationale de la Savonnerie et passe sous la responsabilité du Mobilier national. Les tapis produits à Lodève sont destinés aux plus hautes institutions de la République.

Pendant des décennies, ces femmes ont tissé des œuvres destinées aux lieux de pouvoir. Pourtant, leur histoire est restée largement invisible. Aujourd’hui, une association locale Mémoires Méditerranée se mobilise pour faire reconnaître leur travail et première victoire, leur parcours vient tout juste d’intégrer la collection permanente du Mémorial du Camp de Rivesaltes.

// En savoir plus