Pendant des siècles, l’histoire de l’anesthésie a semblé commencer au XIXe siècle, avec l’apparition des premiers gaz utilisés dans les hôpitaux occidentaux. Pourtant, une découverte réalisée dans une tombe chinoise pourrait aujourd’hui repousser bien plus loin les origines de la gestion de la douleur chirurgicale. Sur de modestes instruments médicaux vieux de plus de 600 ans, des chercheurs ont identifié les traces d’un composé végétal aussi toxique que puissant, laissant entrevoir des pratiques médicales bien plus avancées qu’on ne l’imaginait.
Les objets ont été découverts dès 1974 dans une tombe de la dynastie Ming, à Jiangyin, dans la province chinoise du Jiangsu. Ils appartenaient à Xia Quan, un médecin ayant vécu entre 1348 et 1411. Contrairement à de nombreux artefacts médicaux anciens retrouvés sans contexte précis, ces instruments peuvent être associés à une personne identifiée, offrant aux chercheurs une rare occasion de relier directement des outils à une pratique médicale documentée.
À première vue, les deux objets semblent anodins : une petite paire de ciseaux et une pince métallique d’environ 12 centimètres de long. Pourtant, leur conception évoque clairement un usage chirurgical. Les ciseaux ressemblent à des instruments destinés à des coupes précises, tandis que la pince présente des caractéristiques proches des pinces utilisées pour manipuler des tissus mous.






