Il y a cent ans, le 6 août 1926, une jeune Américaine devient la première femme à traverser la Manche à la nage. Un double exploit. En 14 heures et 31 minutes, elle pulvérise au passage le record masculin. À 20 ans, soudain, « Trudy » Ederle devient l’idole de son pays. Aussi vite, ou presque, elle sombrera dans l’oubli. Récit.
Il y a tout juste un siècle, l’Américaine Gertrude Ederle réalisait l’impossible. Un exploit que beaucoup considéraient alors comme hors de portée d’une femme : traverser la Manche à la nage. Celle que l’on surnomme alors « Trudy » leur coupera la chique le 6 août 1926 : non seulement elle parviendra à rejoindre la rive britannique après s’être jetée à l’eau au cap Gris-Nez, mais elle améliorera de près de deux heures le record masculin. De quoi mettre à mal les clichés autour du « sexe faible ». Retour sur une page d’histoire qui a marqué la natation à l’heure des grands défis…
À la Belle Époque, la Manche est au cœur de nombreux défis sportifs, notamment pour les premiers exploits de l’aviation : en octobre 1908, le « Daily Mail » offre la somme mirobolante de 1 000 livres sterling au premier aviateur qui réussira la traversée. L’exploit est réalisé le 25 juillet 1909 par le Français Louis Blériot. Côté femmes, Harriet Quimby accomplit le vol Angleterre-France en 1912 avec un avion prêté par… Blériot.
Quand les aéroplanes s’élancent, la Manche a déjà été traversée à la nage depuis plus d’un quart de siècle. En 1875, un capitaine anglais, Matthew Webb, est le premier à en venir à bout, en 21 heures et 45 minutes, avec les techniques de l’époque : brasse et nage sur le flanc.






