Pendant la prohibition, le gouvernement américain empoisonnait l’alcool

Durant la prohibition, le gouvernement américain ajoutait des toxines aux alcools industriels, en sachant qu’elles étaient mortelles. Ce fut le début d’une guerre chimique envers les pauvres qui remit en question la confiance publique.

Lorsque le chanteur de blues, Ishman Bracey, se servit un verre à Jackson, dans le Mississippi, il ignorait que sa chance venait de s’épuiser. À l’instar des fûts du pays.

Quelques semaines plus tard, il ressentit un picotement dans les jambes. Avec les rumeurs d’un retour de la polio, il se précipita à l’hôpital. Mais il ne s’agissait pas d’un virus. Le chanteur avait été empoisonné.

La cause de cet empoisonnement ? Une mesure du gouvernement qui non seulement proscrivait l’alcool, mais le rendait également mortel.

Tous les alcools n’étaient pas bannis au cours de la prohibition, seulement ceux que l’on pouvait boire et qui n’avaient pas d’usage médical. Afin de prévenir la reconversion de l’alcool industriel par les contrebandiers, le gouvernement américain lança ce que Washington appelait la « noble expérience » : ajouter des composés chimiques toxiques, comme du méthanol et du benzène pour rendre l’alcool imbuvable. Selon la une du New York Times de l’époque, le gouvernement souhaitait « doubler le contenu toxique de l’alcool ». À la fin de la prohibition, en 1933, plus de 50 000 Américains avaient péri à cause d’un alcool empoisonné. Par rapport aux années précédentes, cela représentait une augmentation terrifiante de 600 % des décès liés à l’alcool.

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